Ce livre reprend un séminaire donné au Collège
International de Philosophie. À la traditionnelle question
« comment faut-il traduire ? », l’auteur répond
par une autre problématique: « faut-il traduire ? ».
En effet, si l’on sait pourquoi traduire, on sait comment traduire.
Cela permet une approche qui propose une pensée au lieu d’imposer
des lois, qui travaille à partir de l’interculturalité
du traducteur et non pas sur la base de l’évaluation linguistique
des traductions, et qui s’adresse à la complexité
irréductible de chaque situation au lieu de prétendre
régler une fois pour toutes le comportement de l’ensemble
des traducteurs. Dans cet esprit, l’auteur propose une relecture
critique de Schleiermacher, une analyse mytho-philosophique du héraut
chez Hérodote, ainsi que des chapitres sur la responsabilité
du traducteur et la causalité du traduire, dans lesquels
il situe et intègre bon nombre de théories contemporaines
(approches descriptives, Skopos, Venuti). Les anecdotes historiques
et fictives qui illustrent ces propos visent à raviver la
pensée éthique, trop souvent mise à l’écart
par la traductologie actuelle.
Table
des matières
Introduction
Avertissement
1. Les Blendlinge : sang-mêlés ou enfants naturels?
Les risques de la relecture de Schleiermacher
Le binarisme en théorie de la traduction
La métaphore et ses stratégies
L’appartenance ou la « ligne la plus fine »
Blendlinge et termes associés
Le bon traducteur selon Schleiermacher
L’exclusion des Blendlinge
La logique du « ou/ou »
Les traducteurs comme Blendlinge
2. Les hérauts
L’histoire de Sperthias et de Boulius
Choses et vie chez Hérodote
Survie, bonheur, individualisme, et autres
Jacobi prend la défense des Spartiates
Hegel répond
La réponse au satrape
La décision de Xerxès
Eléments pour une décision interculturelle
Pourquoi le traducteur est plus que héraut
3. La responsabilité
La responsabilité comme base de l’éthique
La responsabilité du traducteur a son espace
Cet espace appelle une éthique particulière
Le traducteur n’est pas n’importe qui
Trois espaces pour situer l’exclusivisme du traducteur
Le traducteur n’est pas uniformément présent
sur les trois espaces
La traduction : acte de traduire
Une traduction : texte achevé
La traduction traductionnelle : un texte reçu comme
tel
Un exemple historique
Responsabilité envers les choses
Responsabilité envers le client
Responsabilité envers la profession
4. La causalité
La vanité des contextes
Les quatre causes
Privilège de la source
Privilège de la finalité
Privilège de la forme
Privilège du traducteur
Responsabilité et causalité multiple
Le moment idéal
Faut-il traduire ?
Il s’agit de traducteurs, au pluriel
5. La coopération
Question d’effort
Encore : Faut-il traduire ?
Un modèle de coopération
Limites de la coopération
Analyse du coût de transaction
La traduction comme coût de transaction
Le coût de la traduction et l’importance des enjeux
culturels
La traduction comme moyen de régler le coût de
transaction
Coût de la traduction et coût de l’évaluation
Bonheur et équivalence, coûte que coûte
?
Le traducteur n’est pas négociateur
La traduction et l’apprentissage des langues
Encore : les intérêts du traducteur
Horreur du commerce
6. Principes pour une éthique du traducteur
Bibliographie